Avertir le modérateur

12 juillet 2011

C'est l'amour à la plage

3514901801_659822bfa3_b (1).jpg

Vous vous rappelez de la gonorhée ? La gentille bactérie qui nous aimait tellement, les humains, qu'elle nous avait assimilé un bout de notre ADN ? Eh bien voilà qu'elle refait les gros titres ces derniers jours, car figurez-vous que la résistance aux antibiotiques sur laquelle les spécialistes nous alarment depuis des lustres est enfin arrivée ! Une nouvelle souche, nommée H041, a été récemment découverte au Japon et résiste aux céphalosporines, la classe d'antibiotiques utilisée pour traiter d'habitude la chaude-pisse.

Bonnes vacances !

(Aou tcha tcha tcha)

00:14 Publié dans la Science, la Vraie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : gonorrhée, on va tous mourir | |  Facebook

30 juin 2011

La pilule nous fait-elle changer d'avis ?

 

3935087159_e97e59cf90_o.jpg

Vous savez quoi ? Le choix sexuel des femmes hétérosexuelles varie selon leur état hormonal et on peut même prédire qu’il sera modifié par la prise d’une contraception orale ou par la grossesse.

La première étude sur ce sujet a été dirigée par le psychologue Anthony C. Little et montre que la pilule contraceptive aurait bien une influence sur la sélection du partenaire. Pour parvenir à cette conclusion, l’équipe de chercheurs a rassemblé cinq analyses différentes, toutes portant sur des échantillons de taille appréciable.

(Le premier qui dit que c'est quand même peu, je lui jette un sort pour qu'il soit obligé de remplir à vie des dossiers d'autorisation de recherche auprès d'un comité d'éthique universitaire)

La première étude a rassemblé 639 femmes britanniques, âgées de 20 à 25 ans, ayant déclaré avoir des cycles réguliers. Le questionnaire portait sur l’appréciation de quatre paires de photos de visages masculins, chaque paire comprenant deux versions d’un « visage basique » modifié numériquement pour correspondre soit à un taux élevé de testostérone, soit à un taux moindre. Les visages ayant les marqueurs masculins propres à un taux élevé de testostérone sont supposés être plus « sains » que les autres, car la testostérone est connue pour avoir un effet immunosuppresseur important chez les mâles : le fait de supporter un taux élevé de l’hormone masculine serait donc le révélateur d’un système immunitaire « solide ».

Les images, en couleur, ont été composées à partir des photographies de 80 hommes blancs âgés de 18 à 30 ans. Les participantes devaient ensuite noter leur appréciation à l’aide d’un QCM à 4 entrées : indifférent, préférence faible, neutre, forte. Elles devaient aussi préciser leur orientation sexuelle, la date de leurs dernières règles, leur mode de contraception, leur statut marital, et signaler une éventuelle grossesse. Dans tous les cas, les visages modifiés pour apparaître comme les plus révélateurs de testostérone ont été les plus choisis, mais cette sélection était plus appuyée encore lors de la phase fertile.

La deuxième série a porté sur l’appréciation de visages masculins et féminins. Les 30 nouvelles participantes, des étudiantes hétérosexuelles âgées de 18 à 23 ans, sans contraception depuis au moins trois mois et n’étant pas enceintes, étaient confrontées à douze nouvelles paires de visages (six féminins et six masculins), composées pour correspondre à différents degrés de santé apparente. Les entretiens ont duré six semaines et, à chaque fois, les volontaires devaient fournir un échantillon d’urine pour déterminer la phase folliculaire dans laquelle elles se trouvaient.

Résultat : une plus grande attirance pour les visages à fort indice de testostérone (sains), tous sexes confondus, durant la période fertile des participantes.

La troisième étude, à laquelle participaient 31 volontaires semblables à l’étude précédente, portait sur 6 nouvelles paires de visages, composées de la même manière que dans la première recherche. Les questionnaires devaient être remplis durant quatre semaines et portaient sur le choix d’une relation à court ou à long terme. Les visages étaient présentés aléatoirement et intercalés avec des images de contrôle. Dans ce cas, les femmes se trouvant dans une phase fertile avaient plus tendance à choisir des visages masculinisés pour des relations à court terme, mais non à long terme.

Dans la quatrième étude, 115 femmes enceintes se sont vues présenter les photos de la première étude et devaient les évaluer de la même façon. Face à elles, 857 femmes non-enceintes et sans contraception orale faisaient office de groupe test. De la même façon que dans les études 1 et 3, les visages les plus clairement masculins reçurent le maximum de suffrages.

Enfin, dans la dernière étude, 1570 femmes hétérosexuelles sous pilule et 1325 sans pilule se sont vues présenter les visages des études 1 et 4, toujours selon les mêmes modes d’évaluation. Toutes ces femmes ont exprimé en moyenne une plus forte attirance vers les visages à marqueur de testostérone, mais cette préférence était plus appuyée chez les femmes sous pilule.

Dès lors, si le choix sexuel varie en fonction du cycle ovarien, il varie aussi selon la nature du rapport souhaité, à court terme (plus fréquent chez les femmes utilisant la contraception et ne souhaitant pas fonder une famille) ou à long terme (auquel cas des traits moins virils serait un gage d'investissement parental durable).

Attention cependant à la suite des événements, prévient Little :

Une femme qui a choisi son homme alors qu’elle était sous l’influence de la pilule trouvera peut-être qu’elle s’est trompée de mari une fois qu’elle voudra des enfants et qu’il les élève.

En d’autres termes, la contraception moderne pourrait bien modifier les règles de la sélection sexuelle, en faisant préférer des « bons fertilisateurs » alors que l’on n’est pas fertile, et regretter de « bons investisseurs » alors que l’on s’est reproduit.

Et si la pilule était un facteur méconnu de l’augmentation du nombre des divorces, hein ?

 

20:11 Publié dans la Science, la Vraie | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : pilule, choix sexuel, contraception, utérus à pattes | |  Facebook

28 juin 2011

L'énigme du jour

peruvian-shore-bug-genitalia-24-amnh.jpg

mais kessessé ?

 

17:18 Publié dans Bestioles | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : un gros secret | |  Facebook

21 juin 2011

Ô Solitude

3981617434_620547a576_o.jpg

 

 

 

 

Parmi les gens pour qui les clips d'Un gars, Une fille sont des saynètes si truculentes, représentatives et bien vues (j'en connais, la preuve), je suis persuadée que certains adoreraient être pourvus d'une sorte de module mental qui les rendrait complètement sourds à certaines suppliques de l'autre sexe.

(Genre les histoires de la position de la lunette des chiottes, ou du week-end d'arrivée de la belle-mère)

Parce qu'en fait, c'est ce qui se passe avec la femelle d'une espèce de grenouille, Odorrana tormota, qui a tellement divergé évolutivement de son ma-ri, qu'elle ne peut entendre que la moitié de ce qu'il lui raconte.

Le bonheur, hein chouchou ?

 

02:17 Publié dans Bestioles | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : odorrana tormota, quand vous me parlez j'ai des gaz, ultrasons | |  Facebook

14 juin 2011

De la génétique de l'homosexualité et de certaines aberrations parlementaires

4199675334_cfd42a39ce_o.jpg

Ces derniers temps, quand j'ai ouvert un œil vers le monde extérieur et appris que l'autorisation du mariage gay allait être discutée à l'Assemblé, je l'ai refermé bien vite, en me disant que ce n'était vraiment pas la peine, ni le moment de jouer avec mes nerffes. Que voulez-vous, j'ai beau être partisane d'une liberté d'expression absolue, cela ne signifie pas que certaines opinions ne me donnent pas envie d’étêter des poulets tout en me cachant la figure sous mes cheveux gras (on est gothique, ou on ne l'est pas).

Bref, patatras, les mêmes causes, les mêmes effets, blablabla, amdoullah ça va, on connaît la chanson, j'apprends ce soir qu'un golio à cravate a déclaré que l'homosexualité était une aberration anthropologique.

Faut dire qu'il est mignon, ce con, quand-même, il me donne une idée de sujet pour ce bloug, alors que ma cervelle était plus sèche qu'une fougasse avant son nappage à l'huile d'olive.

Remercions-le chaudement.

L'homosexualité, en effet, quand on a 2 points de QI et 2 grammes 8 à vie, ça peut paraître, sans aucun doute, un tantinet aberrant, surtout quand on a été élevé à la [papa + maman + graine + gros arrosage = bébé], ou qu'on a été en cinquième avant 1932.

Ça me faire d'ailleurs penser à un passage dans Hitch 22, de Christopher Hitchens, où il dit :

« Je pars toujours du principe que, dans la bouche de personnages publics, le moralisme sexuel est un signe d'hypocrisie, voire pire, et le plus souvent, je le prends comme le désir de s'adonner précisément aux pratiques qu'ils condamnent. Ainsi, dès que j'entends une grosse légume de Washington, ou un ecclésiastique quelconque, tempêter sur la sodomie et ses diableries, ou n'importe quoi d'autre, j'inscris mentalement son nom dans un petit carnet et je remonte ma montre avec un soupir de soulagement. Tôt ou tard – et sans doute plus tôt que tard –, on le retrouvera à genoux, dans un hôtel crasseux ou des chiottes publiques, une Visa expirée à la main, après avoir payé trop cher pour se faire pisser dessus par un travesti apache »

(Mais je m'égare)

En gros, donc, on peut se dire que si, par définition, seuls les traits avantageux d’un individu sont transmis à la génération suivante (s’ils ont une base génétique), l’homosexualité ne peut pas être avantageuse de ce point de vue puisqu’elle n’aboutit justement pas à la reproduction. CQFD mémé. Et donc que, si l’homosexualité a une base génétique, elle aurait dû s’éteindre depuis longtemps face à la concurrence des gènes hétérosexuels par nature plus prolixes.

Sauf que, c'est ballot, mais ce n'est pas le cas.

En effet, depuis l'Antiquité, des preuves de l'existence d'une minorité significative d'individus homosexuels se font jour, à la fois chez les humains (oui, on connaît les blagues sur les Grecs, ah ah oh oh), que chez les animaux. Et depuis quelques dizaines d'années, tout converge (eh eh) même pour dire qu’il existe des gènes associés à l’orientation sexuelle.

Alors, comment résoudre ce paradoxe qui pourrait brûler tous les jacquards d'un député du Nord, hein ?

Plusieurs pistes ont été proposées. Tout d'abord, Edward O. Wilson, fondateur de la sociobiologie, avait suggéré en son temps que les homosexuels pourraient être plus altruistes envers leurs parents, frères, et sœurs hétérosexuels, et qu'à défaut de transmettre directement leurs propres gènes, ils aideraient ainsi indirectement à le faire en augmentant les chances de survie des apparentés (qui, par définition, possèdent en partie les gènes concernés). Mais des études ultérieures n’ont pas montré que les homosexuels sont en moyenne plus sujets à l’altruisme familial que les autres.

Mais alors quoi ? Quoi ?

Une autre piste concerne la pléiotropie, ce qui signifie qu'un même gène peut avoir plusieurs effets, et les effets positifs contrebalancer les effets négatifs. Exemple étudié en 5ème (si on a été en classe après les expériences de Mendel sur ses pois, il est vrai) : le même gène qui provoque la drépanocytose procure un certain degré de protection contre la malaria, selon qu’il est à l’état homozygote (un seul exemplaire, effet bénéfique) ou hétérozygote (deux exemplaires, effet délétère). Ce gène persiste donc dans les populations où sévit la malaria puisqu’il est avantageux lorsqu’on possède un exemplaire unique venu de l’un de ses parents. Mutatis mutandis, il pourrait en être de même pour les gènes (sans doute nombreux) impliqués dans l’orientation sexuelle.

Et vlatipas que les premières preuves empiriques du phénomène ont été apportées voici à peine quelques années par une équipe italienne dirigée par Andrea Camperio-Ciani.

Dans cette étude, les chercheurs ont demandé à 98 homosexuels et 100 hétérosexuels mâles de remplir un questionnaire assez précis sur leur famille : frères et sœurs, cousins et cousines, oncles et tantes, grands-parents. Au total, ils ont obtenu des informations sur plus de 4600 personnes issues des lignées maternelles ou paternelles des sujets concernés.

Résultat : les apparentés des lignées maternelles sont plus fécondes chez les homos que chez les hétéros, différence qui ne se retrouve pas pour la lignée paternelle. Exemple : les mères d’homosexuels ont en moyenne 2,69 enfants contre 2,32 ; les tantes maternelles 1,98 contre 1,51 ; les grands-mères maternelles 3,55 contre 3,39. Cet avantage systématique ne se retrouve pas dans les équivalents paternels, distribués de manière aléatoire.

Conclusion des chercheurs : certains gènes qui prédisposent à l’homosexualité chez les hommes, et qui sont transmis par lignées maternelles seulement, confèrent une fertilité plus importante aux femmes. Les gènes en question sont probablement sur le chromosome X. Et cet avantage adaptatif expliquerait 14 % de la variance de la probabilité d’être homo et hétéro.

Depuis, cette étude a été répliquée sur d’autres échantillons plus nombreux (ici, ici et ici, entre autres), et démontre en effet de l’effet pléiotropique important des gènes d’orientation sexuelle dans l’évolution humaine, tout en expliquant pourquoi la minorité homosexuelle n’a jamais disparu de nos sociétés, même quand elle était persécutée ou réprouvée par la majorité – fût-elle législative.

 

21:12 Publié dans diverge ça fait beaucoup | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags : mariage gay, les gens taisez-vous merci | |  Facebook

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu