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04 janvier 2011

Simulation masculine et féminine : la faute au scénario sexuel

3936469485_9832d1810f_o.jpgTadam ! Champagne ! Voici un nouveau blog ! D'ailleurs, avant d'en venir aux choses sérieuses, savez-vous ce qui est blanc, tombe en hiver, et contient la lettre C ? (Bah de la neige ! connard !)

Oui, de rien.

Sinon, figurez-vous qu'en novembre dernier, Charlene L. Muehlenhard et Sheena K. Shippee (Université du Kansas) ont publié une étude dans The Journal of Sex Research montrant que la simulation sexuelle est somme toute assez bien partagée entre hommes et femmes. Chez ces dernières, cela semble aller de soi, vu qu'un tiers d'entre elles souffriraient au cours de leur vie d'anorgasmie, et 10% seraient tout bonnement incapables d'atteindre l'orgasme (on appelait ça la « frigidité » dans le temps). Dans l'étude de Muehlenhard et Shippee, les chiffres concordent : sur les 101 étudiantes interrogées, 53,5% ont déjà simulé un orgasme.

Mais le plus étonnant (enfin, j'imagine, car moi, cela va sans dire, je suis blasée), c'est qu'à la question des chercheuses « vous êtes-vous déjà comporté comme si vous aviez un orgasme, alors que ce n'était pas le cas, ou avez-vous déjà dit que vous aviez joui, alors que ce n'était pas vrai », 25% des 180 garçons ont répondu par l'affirmative.

L'acte le plus incitateur de simulation est sans conteste la pénétration vaginale (que 85% des garçons et 68% des filles interrogés avaient déjà pratiquée), car 28% des hommes et 67% des femmes on déclaré avoir menti dans ce cas-là. Les autres types de rapports sexuels (stimulation manuelle, orale et, oui, cela comptait dans l'étude, phone-sex) n'étaient générateurs de faux-orgasmes que pour 10% des garçons et 19% des filles (même s'il faudrait qu'on m'explique comment simuler - quand on est du côté du pénis - en cas de fellation)((en commentaire, par exemple)).

Par contre, le plus intéressant ne vient pas tant de ces chiffres, mais dans les raisons données par les simulatrices et simulateurs à leurs mensonges. (N.B. : dans ce genre d'étude dite « qualitative », le nombre relativement faible de participants, et la difficulté de donner une quelconque signification statistique aux résultats est suppléée par plus de précision, d'analyse et de compréhension des comportements observés.)

Car comment justifier ces faux orgasmes ? Par le fait qu'ils mettent fin au rapport sexuel ! Les hommes voulant aussi qu'une telle conclusion ne paraisse pas trop louche, et les femmes qu'elle ne blesse pas (psychologiquement) leurs partenaires. De plus, chez 20% des femmes, la simulation aurait été causée par l'impression que leur partenaire masculin était sur le point de jouir - une grosse partie d'entre elles notant même, qu'en général, elles arrivent très bien à jouir, mais qu'elles simulent pour ne pas avoir à le faire après lui.

Et en disant intéressant, je voulais aussi dire dramatique : car si simulation il y a, ce n'est donc pas tant pour des raisons de manque de désir, voire de peu d'intérêt pour le sexe (oui, il y a des gens que le sexe emmerde, j'ai écrit tout un livre dessus, *jingle*), mais en fonction de ce qui semble une rupture d'un scénario sexuel préétabli. Ce scénario sexuel, que les simulatrices et simulateurs souhaitent suivre avec le plus de « conscience professionnelle » possible, comme le disent les chercheuses, se déroule ainsi : le rapport sexuel commence, la femme jouit, l'homme jouit, le rapport sexuel se termine. En d'autres termes : la simulation n'est pas tant le signe d'une sexualité « déficiente » que le symptôme d'une sexualité utilitariste (le sexe a un but et un seul : l'orgasme) et sociale (mais que va-t-elle/va-t-il penser de moi - ou de ses « performances » si je ne jouis pas ?).

Évidemment, d'un point de vue évolutionnaire, tout cela se comprend. Mais nous le verrons plus tard...à chaque jour suffit sa peine : bienvenue sur ce nouveau blog !

 

***

> Référence : Muehlenhard, Charlene L. & Shippee, Sheena K. (2010), « Men's and Women's Reports of Pretending Orgasm: Data and Conceptual Issues », in Journal of Sexual Research, novembre, 47, 6, pp.552-67.

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21:23 Publié dans Chiffres, etc. | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : fellation, orgasme, simulation | |  Facebook

Commentaires

Intervention juste pour répondre à la question de la simulation en fellation:

On se retire comme si on était proche de jouir et qu'on ne voulais pas le faire sur/en sa partenaire, on cache le bout de son sexe de sa main comme si on voulait ne pas salir les draps tout en sortant son meilleur jeu d'acteur, on l'embrasse et en s'excusant poliment, on file à la salle de bain pour prétendre aller se laver les mains...Ça te fais un peu passer pour un propret mais ca fonctionne bien.

Pas de quoi ;)

Écrit par : Snae | 05 janvier 2011

Attention, ne pas confondre éjaculation avec orgasme.
En effet, même si un homme éjacule, il n'est pas dis qu'il jouisse.
donc la simulation avec un fellation est entièrement possible.

Mais pour revenir au sujet principal, je trouve dommage qu'on mente sur un plaisir, on es bon on est bon, on est mauvais on est mauvais un point c'est tout ;)

Écrit par : Duncan | 05 janvier 2011

Ouais ... Bon ...
Le début de ta prose m'a fait penser à une blague sur les toulousains qui ont la manie de ponctuer leurs phrase de " ... con !" ...
La blague, c'est :
Qu'est-ce qui est vert, qui pousse sur les arbres, qui tombent en hiver ...et dont le nom commence par un "f" et finit par un "n" ?
Réponse : "Les feuilles, con !"
Alors, j'ai raconté à un toulousain, pour le faire rire ... (!) ...
Il m'a répondu : "Y a bien les feuilles, con ... mais ça finit pas par un "n" !

Pour en revenir à la simulation ... Quel intérêt de simuler ????????
Que ce soit pour une F ou pour un H ... Je vois pas ...
Quelqu'un qui ne jouit pas est quelqu'un qui a un problème, soit récurrent, soit (ce qui est moins grave), occasionnel.
Simuler, c'est mettre la tête dans le sable pour refuser l'existence de ce problème. On entre dans une sorte de déni qui, même s'il permet de se tirer d'embarras ne va pas aider à se tirer d'affaire ... loin de là !

Bonne année, bons, forts et nombreux orgasmes !

Écrit par : specia-web | 05 janvier 2011

Pas d'accord avec Ducan : un homme qui éjacule est un homme qui jouit ...
Par contre, l'inverse est vrai : un homme peut jouir sans éjaculation que ce soit exceptionnellement ou à la suite d'une maladie ou d'une opération.

Écrit par : specia-web | 05 janvier 2011

Duncan n'a jamais dû éjaculer pour sortir de telles inepties!!!

Écrit par : Defrosted | 05 janvier 2011

en fait un homme peut éjaculer et orgasmer indépendament ... je sais faire les deux...
l'éjaculation simple n'est pas aussi satisfaisante mais elle peut se renouveller rapidement.
l'orgasme simple demande une grande maitrise de soi et beaucoup de calme et peut prendre un certain temps.
le plus facile c'est les deux ensemble...

Écrit par : proxi | 05 janvier 2011

Désolé Defrosted et specia-web mais Duncan a tout a fait raison, parlez en donc a un médecin ou a un sexologue, vous verrez la réponse qu'il vous donnera
L'éjaculation n'est pas nécessairement synonyme de jouissance
Mais bon j'oubliais que les blogueurs savent toujours tout mieux que tout le monde.
Moi pour ma part, je ne me suis pas informé auprès d'internet, mais de la médecine... J'aurais tendance a croire d'avantage une cast vis a vis de l'autre....

Écrit par : toto | 05 janvier 2011

Pour l'homme:
Ejaculation est la plupart du temps du plaisir et orgasme.

Mais le plaisir n'est pas forcément l'éjaculation c'est psychologique, c'est se sentir bien.
Et l'orgasme peut se passer à tout moment mais bon faut quand même beaucoup de stimulation.
Point G de l'homme dans Q....

Pour la femme, je sais pas trop vu que je suis un homme mais je pense que c'est très complexe.
Tout est séparé, il y doit avoir besoin de beaucoup de stimulation différente mais il y a aussi un fort besoin de se mettre psychologiquement dedans ^^

Écrit par : Dje le Per | 05 janvier 2011

Le fait de simuler montre que quelque part il y a un manque de communication.
Simuler c'est comme mentir. Tant qu'on ne sait pas ça fait pas de mal.

Mais bon parfois la simulation peut permettre d'augmenter l'excitation ce qui peut provoquer plus de plaisir.

Écrit par : Repsy | 05 janvier 2011

En dehors de la reproduction, quelle serait selon vous la raison de la sexualité si ce n'est pas l'orgasme (mutuel ou non, ça reste à l'appréciation des pratiquants) ?

Écrit par : Pomme | 05 janvier 2011

specia-web, defrosted....

svp, tournez 7 fois votre clavier dans votre bouche avant de parler.

Ca vous évitera de passer pour des newbies.

Écrit par : Smith | 05 janvier 2011

Les filles c'est nul.
Vive l'onanisme !
Votre main droite ne vous trahira jamais, les gars !
Elle ne vous fera pas de gosse avec l'air désolé de "c'est pas grave quand même", ne videra pas votre compte en banque, ne pleurera pas pour rien, aura toujours envie au même moment que vous, et, contrairement a une femme, pourra servir a plein d'autres trucs.

Écrit par : moi | 05 janvier 2011

"En dehors de la reproduction, quelle serait selon vous la raison de la sexualité si ce n'est pas l'orgasme (mutuel ou non, ça reste à l'appréciation des pratiquants) ?"

Ne pas avoir d'orgasme ne signifie pas qu'il n'y a pas eu de plaisir du tout. Et je crois que je préfère simuler un petit peu de temps en temps, parce qu'atteindre l'orgasme n'est pas toujours simple malgré le plaisir, plutot que risquer l'angoisse d'hommes qui ont déjà souvent la pression sur leur performance sexuelle.
Il suffit d'être bonne actrice et ne pas se faire detecter! :))

Oui, jetez moi des pierres.

Écrit par : Acathe | 06 janvier 2011

Celle ou celui qui voit une simulation, ce qui est le cas le plus souvent, feint aussi d'y croire pour ne pas déplaire.

Écrit par : Sicotine | 06 janvier 2011

@ Snae : merci, la sexualité de mes contemporains ne manque définitivement pas de ressources
@ tous : l'éjaculation sans orgasme s'appelle anhédonie éjaculatoire, et n'est pas forcément le signe d'un trouble médical
@ Pomme : j'ai un peu de mal à raisonner en termes de finalité (en général, et pas seulement en termes sexuels) mais au vu des statistiques, vous avez sans doute "raison"

Écrit par : PS | 06 janvier 2011

Pourquoi est il nécessaire de simuler ? Bonne question ? Est il nécessaire de faire l'amour pour exprimer son désir d'être avec la personne qu'on aime, çà c'est une meilleure question.

Qui sous-entend une autre question ; simuler veut il obligatoirement dit se défausser ? Pas forcément ! On peut très bien être à l'aise, confortablement avec sa partenaire quelque soit le sexe d'ailleurs et vouloir ne pas aller jusqu'à son terme.

Et cela évite certainement certains drames.

Et puis on peut toujours aimer une personne sans lui faire l'amour, non ?

Écrit par : Jiben | 06 janvier 2011

Si un homme éjacule, c'est qu'il a joui. Cela est une évidence.
Là où c'est plus subtil, c'est qu'il existe différents de degré de jouissance, tant pour l'homme que pour la femme.
Le "petit" orgasme très bref est fort différent de celui qui se prolonge et vous fait perdre pied !
Personnellement, et au risque de choquer certains, je suis un homme et j'ai déjà simulé.
J'ai simulé durant une éjaculation car la fille faisait ça si mal qu'elle me faisait mal. J'allais débander, je me suis donc retiré en m'excusant, j'ai caché le bout de ma verge et suis parti à la salle de bain pour calmer la douleur que mon gland ressentait. Mais j'ai fait croire à la fille que j'avais joui. Elle a d'ailleurs été très contente que je revienne la câliner, que je l'embrasse et que je me remette à bander (forcément) puis que je la pénètre. Je lui ai dit qu'elle me faisait un tel effet... L'histoire ne dira jamais si elle m'a cru !
J'ai aussi simulé durant la pénétration. En utilisant un préso, aucune fille n'a jamais voulu vérifier la quantité de sperme engloutie en m'accusant de génocide !
J'ai simulé pour 2 raisons : je savais que je ne jouirai pas et j'avais envie d'écourter l'acte. Je l'ai donc fait pour ne pas la vexer !
La fille semblait heureuse mais épuisée après une heure de pénétrations et le sexe en feu... J'ai donc simulé un orgasme pour arrêter de la faire souffrir... Je l'ai donc fait pour ne pas lui faire mal !

Je ne saurai jamais si une fille a simulé avec moi. L'orgasme n'est pas la finalité de l'acte sexuel. Je préfère nettement le côté ludique. A 2 ou plus, avec des jouets ou pas, dans des situations incongrues ou dans le lit conjugal, tout est prétexte à un jeu sexuel...
Christophe, 40 ans

Écrit par : chris | 06 janvier 2011

Bonjour

Très intéressant sujet. Effrayant, aussi. Je pense que, à l'instar de tout ce qui fait les comportements humains, notre sexualité est hautement conditionnée. La question est: "par quoi"?
En effet, l'absence de jouissance/plaisir/éjaculation ou whatever peut être causée par une multitude de facteurs, la sexualité "déficiente" (sic) n'étant finalement à mon avis qu'une minorité de cas. Sinon, ça fait encore plus froid dans le dos. Personnellement, il m'arrive des pannes régulières, liées à la fatigue, au stress, à une hygiène de vie un peu limite (mais j'ai arrêté, depuis)...
Plutôt qu'une sexualité "déficiente", je serais tenté de dire "dysfonctionnelle". En effet, je pense que le conditionnement du comportement érotique des plus jeunes (on a bien parlé d'étudiant(e)s, n'est-ce pas?) est sujet à un conditionnement des plus délétères: le porno US. En effet, où trouve-t-on ce culte de la performance, de l'orgasme féminin feulé à pleine puissance et du geyser de sperme (généreusement étalé sur la figure de l'actrice) sinon dans le porno US et - mondialisation oblige - dans ses avatars étrangers?
La notion (très vaste) de plaisir a été oubliée, semble-t-il.
Après, comme j'ai l'habitude de le dire, les statistiques ne sont que des statistiques, auxquelles on peut faire dire ce qu'on veut, surtout hors-contexte. N'oublions pas que 80% des accidents de la route sont causés par des gens sobres: roulez bourrés.
A mon avis, cette étude américano-américaine n'est à exploiter que dans un contexte de jeunes universitaires américains, et se garder de trop hâtivement les considérer comme représentatifs de la jeunesse en général, et française en particulier, voire de toute la population sexuellement active (voire passive, parce que des fois, c'est sympa d'inverser les rôles).

Une bonne année 2011 à vous, et des orgasmes à la (dé)mesure de vos envies!

Écrit par : Café-clope | 06 janvier 2011

A partir du moment où le principal organe sexuel c'est le cerveau, la question est un peu biaisée.

Écrit par : yesroll | 07 janvier 2011

baisez au lieu d'écrire.

Écrit par : Roger cesco | 08 janvier 2011

@ Roger : ça va, je peux faire les deux en même temps, c'est pas au même niveau que ça se passe

Écrit par : PS | 08 janvier 2011

Yesroll,

Oui, tu as raison, mais cela se passe au niveau du cerveau le plus "ancien" ; c'est surtout valable pour les animaux.
Encore qu'il soit rare que les animaux soient bêtes ! Prenons l'exemple des Bonobos... (lol)

Écrit par : Sicotine | 10 janvier 2011

j'ai lu avec intérêt votre article et vos commentaires. On a toujours quelque chose à apprendre.je regrette cependant qu'il y ait une "aridité" scientifique dans la plupart des propos. La jouissance d'être à deux pour faire l'amour ou fantasmer ce n'est pas la peine de la simuler.Combien de fois fait-on l'amour , non pas avec son partenaire, mais grâce à son partenaire, pour "imaginer" d'autres scènes érotiques, qui vont nous faire jouir vraiment? je ne lis jamais rien à ce sujet, pourquoi?
je suis aussi un peu choquée par l'absence de poésie dans tout çà. L'orgasme n'est pas qu'un spasme mécanique, l'étreinte qui suit l'amour est encore plus riche en plénitude que l'orgasme indispensable pour arriver au calme qui permet de ne plus attendre cet instant :"secret ou sacré?" de la jouissance ultime.
Mais pour moi qui suis écrivain, et poète, mes plus souvenirs d'amour n'ont pas été des cris de plaisir, mais des caresses qui s'étirent dans une langueur de soie, avant de s'endormir à deux.

Écrit par : elisabetha | 11 janvier 2011

Les commentaires sont fermés.

 
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