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07 mars 2011

Panique à l'université

 

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C'est l'histoire de John Michael Bailey, un éminent professeur de psychologie à la non moins éminente Université de Northwestern, aux États-Unis. Le 21 février dernier, lors d'un complément optionnel à son cours sur la sexualité humaine, devant 120 étudiants (tous majeurs, volontaires, et préparés à ce qui allait se passer) un homme fit jouir une femme à l'aide d'une « fucksaw ».

(C'est comme une scie électrique, mais sans scie et avec un gode au bout, si les spécialistes savent comme cela s'appelle en français, les commentaires sont là aussi pour ça).

Précédemment, et toujours dans le cadre du même cours, il avait invité à discuter et débattre devant sa classe un groupe d'homosexuels, un artiste transsexuel, des délinquants sexuels, un couple d'échangistes ou encore un chirurgien esthétique. Pas une de ces conférences n'a déclenché le même tollé qui submerge aujourd'hui les alentours de l'Université.

Et je dis bien « les alentours », parce que sa hiérarchie, comme ses collègues et ses élèves soutiennent John Michael Bailey, et plutôt deux fois qu'une.

Il y a quelques jours, pour répondre à la « polémique », l'universitaire à envoyé aux 600 étudiants inscrits à son cours un e-mail, dont je vous traduis ci-dessous les principaux passages :

«J'enseigne à l'Université de Northwestern un cours très important (suivi par près de 600 personnes) sur la sexualité humaine. Pendant mes cours, je parle de la science de la sexualité. Plusieurs fois, après ce cours, j'organise des rencontres optionnelles. Lors de ces rencontres, j'invite principalement des conférenciers à s'exprimer sur des aspects intéressants de la sexualité. »

« Ces rencontres sont entièrement optionnelles, elles ne sont sanctionnées par aucun examen, et je m'investis énormément dans leur organisation, pour laquelle je ne reçois aucune compensation de la part de l'Université de Northwestern. Les étudiants considèrent généralement ces événements comme précieux, parce que les choses que de vrais gens y expriment sont des exemples et des extensions de concepts qu'ils apprennent de manière plus traditionnelle, académiquement parlant. »

« J'ai fait appel à Ken Melvoin-Berg » (Ken MB, Monsieur Fucksaw, NDLR) « parce que les conférenciers précédents, sur des sujets similaires, n'avaient pas été très intéressants – et ne proposaient pas grand-chose de plus que des présentations PowerPoint, dont les étudiants sont déjà saturés. Ils n'étaient pas non plus prêts à répondre à des questions sur leur vie sexuelle, ce qui allait un peu à l'encontre de l'objectif-même de ces conférences. »

« La diversité sexuelle est sans doute un sujet raisonnable à aborder lors d'un cours sur la sexualité humaine »

« L'après-midi du 21 février, Ken MB et ses collègues sont arrivés alors que j'étais en train de terminer mon exposé sur l'excitation sexuelle. Je parlais du point G féminin et du phénomène de l'éjaculation féminine, deux concepts scientifiquement controversés. J'ai fini mon exposé et demandé à mes invités de me rejoindre sur l'estrade. Sur ces entrefaites, Ken m'a demandé s'il pouvait, avec une des femmes qui l'accompagnaient, faire une démonstration d'éjaculation féminine à l'aide d'un équipement qu'il avait apporté avec lui. J'ai brièvement hésité avant de lui répondre oui. Mon hésitation était liée à la probabilité que de nombreuses personnes trouvent cela déplacé. Ma décision de lui dire oui a traduit mon incapacité à trouver une raison légitime d'empêcher mes étudiants d'assister à une telle démonstration. Après tout, tous ceux qui étaient restés après la classe s'attendaient à une démonstration ou une conférence sur le sexe bizarre, et savaient précisément à quoi s'attendre. La démonstration, dans laquelle une femme a pris du plaisir dans une représentation sexuelle explicite avec une machine peut certainement être qualifiée de bizarre, et donc pertinente. De plus, auparavant, dans mon exposé, j'avais parlé de certaines tentatives visant à faire taire la recherche sexuelle, et combien elle étaient marquaient largement une attitude négative à l'égard du sexe. J'ai déjà dû faire face, précédemment, à de telles tentatives. Je n'ai pas voulu, et je ne veux pas, abdiquer face à la négativité sexuelle et à la peur. »

« La représentation a duré entre 5 et 10 minutes, sur une heure de conférence. Tandis que j'y assistais, j'ai éprouvé une certaine appréhension. Mais cette appréhension n'avait rien à voir avec la possibilité de causer du tort à mes étudiants, et elle n'avait rien à voir non plus avec un manque de valeur éducative. Comme je l'ai dit, certaines expériences sont éducatives et intéressantes d'une manière non-traditionnelle. Non, ce dont j'avais peur, c'est qu'il puisse y avoir des répercussions sur ces précieuses séries de conférences que j'organise, depuis de nombreuses années. »

« Le retour des mes étudiants (je recueille toujours les opinions de mes étudiants après toutes ces conférences) fut unanimement positif. »

« Est-ce que j'ai des regrets ? Il est encore trop tôt pour le dire. Je n'ai certainement aucun regret concernant les étudiants de Northwestern, qui ont démontré qu'ils étaient ouverts d'esprit, et adultes, et qu'ils n'étaient pas des petits enfants fragiles. Je n'ai pas bien accueilli les journalistes, parce que j'ai pensé qu'ils allaient tirer l'affaire vers son côté sensationnaliste, et qu'il n'allaient pas présenter ma version de l'histoire. »

« Je suppose que mon Doyen n'apprécie pas cette couverture médiatique, et je n'aime pas ne pas faire plaisir à mon Doyen. Dans la mesure où cet événement suscitera un débat sur mon raisonnement, tel que je viens de l'exprimer, je m'en réjouis. J'espère que de nombreuses personnes ne seront pas d'accord avec moi. La discussion approfondie de sujets controversés est la pierre angulaire de tout apprentissage. »

Je n'ai pas envie de lancer une controverse sur la controverse, en parlant de tous ceux, par exemple, qui clignent de l'œil, et pour qui les Américains sont tous des gros puritains, et regardez ah ah comment dès qu'un sénateur se fait tailler une pipe par quelqu'un d'autre que sa femme il doit démissionner conférence de presse à la clé, et que nous, ah ah, on aime le saucisson et qu'on a élu plein de « gros queutards » présidents ! Je ne parlerai pas, non plus, de ceux pour qui notre système éducatif et universitaire est le meilleur du monde, pour qui il existe des questions typiquement anglo-saxonnes, etc.

Parce que je crois que tout est dit, ou du moins une grosse partie.

 

Commentaires

La jouissance sexuelle simultanée ou non est probablement un avant goût de la Félicité "paradisiaque"

Mais c'est comme de tou.

Il ne faut pas en abuser.

Écrit par : Somud | 07 mars 2011

On m'as jamais dis qu'il y avait ce genre de cours à l'université ;-) Enfin il fallait oser ... Il aurait du se douter qu'il aurait des problèmes.

Écrit par : Faites des Rencontres Coquines | 07 mars 2011

Au moins les étudiants présents ne seront plus jamais absent pour ne pas rater une autre scène de ce genre !

Écrit par : vive la fac | 07 mars 2011

Une tringlonneuse ? Une tronchonneuse ?

Écrit par : Walab | 07 mars 2011

Scie sexe & sun ! :)

Écrit par : éric | 07 mars 2011

Un god à moteur , pardi!!!!

Écrit par : Titi | 07 mars 2011

oui, j'avais pensé à gode à moteur (voire rotogode) mais les termes sont trop génériques, ça me froisse

Écrit par : PS | 07 mars 2011

Avec son complément optionnel, même si c'est involontaire, le Prof. le sème la masturbation ; ce n'est pas une très bonne idée, je trouve...

Écrit par : Sicotine | 11 mars 2011

Les commentaires sont fermés.

 
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