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15 mai 2011

Des possibles effets antidépresseurs du sperme

229117_199489210094296_100000996567863_514149_6967620_n.jpgS'il vous plaît, arrêtez de me submerger de commentaires et de mails, voilà, c'est bon, je vous raconte pourquoi le sperme a peut-être des effets antidépresseurs, et pourquoi il est un parfait cadeau à offrir à la Saint-Valentin.

En 2002, l’équipe de Gordon Gallup (Université d’État de New York) recrute 293 volontaires féminines hétérosexuelles. Celles-ci remplissent un questionnaire précisant la fréquence de leurs rapports sexuels et de l’utilisation du préservatif par leur partenaire. Par ailleurs, leur humeur est mesurée par le Beck Depression Inventory, un questionnaire standardisé où un score supérieur à 17 est interprété comme le signe d’une dépression. Vous avez tout compris : moins le score est élevé, meilleure est l’humeur.

Résultats :

> les femmes dont le partenaire n’utilisait jamais de préservatif ont obtenu un score de 8, celles qui s'en servent parfois, 10,5, souvent, 15 et tout le temps, 11,3. Quant aux femmes abstinentes au moment de l'étude, leur score moyen s'établi à 13,5.

> plus l’intervalle de temps depuis le dernier rapport non protégé est long, plus l’humeur des femmes est sombre – une caractéristique qui n’existe pas chez les femmes aux rapports protégés par un préservatif masculin.

> Enfin, les tentatives de suicide montrent elles aussi une corrélation positive avec l’usage de ce préservatif.

Dans une thèse non encore publiée d'un étudiant de Gallup, ce résultat a été retrouvé sur un échantillon plus important de 1000 femmes. L’ « anomalie » du score des femmes utilisant tout le temps des préservatifs dans leurs rapports disparaît dans cette autre étude, ce qui montre qu’elle tenait sans doute à un échantillonnage insuffisant.

La conclusion des chercheurs est simple : le sperme possède un effet antidépresseur. Tous les autres facteurs étudiés (fréquence des rapports, utilisation de contraceptifs oraux, qualité de la relation, etc.) ne suffisent pas à éliminer la covariance de l’humeur et du préservatif. Et cette hypothèse n’a rien d’absurde : la semence masculine contient en effet de nombreuses hormones connues pour affecter l’humeur (prostaglandines, testostérone, œstrogènes, prolactine, etc.). Et il a été démontré que ces molécules connaissent un pic de concentration dans le sang de la femme plusieurs heures après un rapport sexuel non protégé.

Heureusement, Gordon Gallup se garde bien de conseiller d’abandonner le préservatif :

« Une grossesse non désirée ou une MST annihile très largement les aspects psychologiquement positifs du sperme ».

(L’un des nombreux paradoxes de cette situation est que les antidépresseurs de nouvelle génération ont souvent pour effet secondaire de diminuer la libido masculine.)

Le sexe oral est supposé avoir les mêmes effets positifs sur l’humeur, puisque les hormones ne sont pas détruites par la digestion. Il en va de même pour la pénétration de ces molécules dans les muqueuses ano-rectales.

L’étude ne dit pas, par contre si tous les spermes possèdent la même qualité antidépressive. Dans ce cas, les plus gros donneurs pourraient demander un remboursement par la Sécurité Sociale, pour service rendu à la santé mentale de la population.

10 mai 2011

On ne rigole pas avec le sperme

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C'est l'histoire d'un gros ponte en chirurgie poussé à la démission à la suite d'une petite blagounette sur le sperme commise dans son éditorial d'une revue spécialisée. Et c'est une histoire qui me défrise pas mal les poils pubiens depuis plusieurs semaines. Alors autant vous en faire profiter.

En février dernier, Lazar J. Greenfield est professeur émérite de chirurgie à la Faculté de médecine du Michigan et rédacteur en chef des Surgery News, le bulletin du Collège américain des chirurgiens. Dans son éditorial du mois (où tombe la Saint-Valentin), histoire d'actualiser son propos, Greenfield passe rapidement en revue certaines des études les plus marquantes sur les fondements physiologiques de « l'amour ». Il commence par les comportements sexuels de deux espèces de mouches et leurs liens possibles avec l'activité de leur flore bactérienne, continue avec ceux des rotifères, qui alternent entre reproduction sexuée et asexuée selon les variations de leur environnement, enquille sur les humains et le probable effet anti-dépresseur du sperme et conclut, tenez-vous bien ça va être violent, par :

Il y a donc un lien plus profond entre les hommes et les femmes que celui auquel Saint Valentin aurait pu penser, et nous savons désormais qu'il existe un meilleur cadeau à faire ce jour-là que des chocolats.

Panique à la direction du Collège américain des chirurgiens, le bon mot est non seulement jugé mauvais, mais surtout offensant et sexiste. Plusieurs individus montent au créneau pour s'en offusquer (certains se disent même « effarés »). Ils font remarquer que, dans un contexte où les femmes chirurgiens brillent par leur sous-représentation et peinent souvent à se faire respecter par une hiérarchie majoritairement masculine, une telle remarque est des plus malvenues.

Greenfield s'excuse, précise que ses intentions ont été mal interprétées, qu'il a toujours œuvré pour la féminisation de sa discipline, qu'une chaire qui porte son nom est d'ailleurs actuellement tenue par une femme, Diane Simeone, etc. Rien n'y fait, le « sperme-gate » est lancé, l'édito incriminé est retiré du site du Collège et son auteur doit démissionner de son poste de rédacteur en chef – son ultime « responsabilité », en tant que scientifique à la retraite.

Alors bon, pardon d'être niaise, aveugle, ou fourrée par tous les trous d'idéologie patriarcale, mais je ne vois pas comment une telle remarque peut être qualifiée de sexiste, quel est le rapport avec un contexte académique et professionnel effectivement difficile pour les femmes, et ce qu'un tel « scandale » révèle à part les sous-entendus et les intentions de ceux qui s'en scandalisent.

L'ironie de l'histoire, c'est qu'un peu plus haut dans son éditorial, Greenfield avait eu un autre « bon mot », passé comme par hasard totalement inaperçu. Dans le paragraphe sur les rotifères qu'un stress environnemental pousse à « choisir » la reproduction sexuée (et donc à produire des individus masculins) Greenfield écrivait :

Je vous laisse tirer vos propres conclusions sur ces mâles dont la nécessité ne se fait sentir que lorsque l'environnement devient difficile.

Mes conclusions sur cette affaire, en ce qui me concerne (j'attends les vôtres), sont toujours plus ou moins en suspens, mais une chose est sûre : mon environnement deviendra très difficile quand la moindre manifestation d'humour sera synonyme d'insulte, de surcroît sexiste.

 

21:22 Publié dans diverge ça fait beaucoup | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : encore une victoire de canard | |  Facebook

09 mai 2011

L'horloge biologique tourne plus vite que tu ne le penses

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Au cas où vous ne seriez pas au courant, je préfère vous prévenir tout de suite, nous autres, êtres vivants (comme je sais qu'il y a des plantes vertes qui me lisent, cela vous concerne aussi), sommes tous soumis à une horloge biologique dite « circadienne » interne et innée, déterminant, entre autres, l'alternance veille/sommeil de nos journées zé nuits.

Depuis les premières recherches sur le sujet (il y a très longtemps), il a été maintes fois démontré qu'en moyenne, cette horloge ne tournait pas à la même vitesse chez les femmes et les hommes – les premières se couchant et se levant, par exemple et en général, plus tôt que les grosses feignasses à testicules.

(Je possède d'ailleurs une énorme paire de testicules circadiennes.)

Il y a quelques jours, une équipe de chercheurs américains, dépêchés à la Faculté de Médecine de Harvard, et dirigés par Jeanne Duffy, ont ainsi démontré que :

la durée du cycle de l'horloge biologique est globalement plus courte chez les femmes que chez les hommes. La différence étant en moyenne de six minutes.

Mais ce n'est pas tout...1/3 des femmes aurait un cycle circadien inférieur à 24 heures, ce qui expliquerait, par exemple, pourquoi elles sont plus sujettes à l'insomnie que les hommes.

Voilà de quoi alimenter vos débats autour de la machine à café, du genre :

- « Et non, les femmes ne sont pas toujours en retard ! » (oh oh oh oh)

- «Tu savais que les femmes en avaient une plus courte que les hommes ? » (uh uh uh uh)

- etc.

07 mai 2011

Sexe + café = mort

 

Personnellement, c'est une question que je me pose tous les jours : quels sont les huit plus importants facteurs de risque d'avoir une rupture d'anévrisme ?

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Et heureusement pour moi, et heureusement pour vous, une joyeuse bande de chercheurs hollandais a la réponse, et la voici, la voilà :

1.

la consommation de café

2.

la consommation de cola

3.

la colère

4.

la peur

5.

la constipation

6.

les relations sexuelles

7.

le mouchage de nez

8.

l'effort physique élevé

 

Et là je dis, heureusement que j'ai un transit intestinal au poil, parce que j'ai quand même très mal à la tête.

 

13:49 Publié dans Couic | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : eros et thanatos sont sur un batos | |  Facebook

26 avril 2011

Enfance et puberté : Lolita vous demande de lui lâcher les ovaires

 

4733717916_163b84f2e1_b (1).jpgEn fait, je voulais aujourd'hui vous parler d'Odile Buisson et du clitoris, mais le hasard, cette vieille carne désabusée, m'a encore barré la route d'un article qui m'a bien mis les nerfs, comme on dit vulgairement.

(Alors je vous en parlerai plus tard, du clitoris et d'Odile, considérez cela comme du teasing.)

Comme je suppose que vous savez tous lire, je vous la ferai courte au niveau du résumé de cette énième resucée jérémiadante (du verbe jérémiader : pousser des jérémiades) sur les affres du temps présent que tout fout le camp par rapport à celui d'avant. Sujet précis, ici : les petites filles seraient « sexuées » de plus en plus tôt, on n'a jamais vu ça, c'est affreux, maman, les générations futures vont toutes finir dans du porno, le sexe intégralement épilé, etc.

Évidemment, le problème ne concerne que les filles. Les garçons ont beau chercher à se tabasser et se tirer sur l’élastique dès qu'ils descendent de la table à langer, il ne s'agit certainement pas d'un signe de « sexualisation ». Pas de ceux, du moins, qui menacent l'équilibre de la so-ci-é-té.

(Car tu contrôleras ton sexe, ma fille.)

Néanmoins, les vertus de l'énervement ayant des limites – non, je ne suis pas comme ces femmes des musées qui, régulièrement, ressentent l'urgence de casser des assiettes en poussant des cris stridents – mes nerfs se sont rapidement dépelotonnés, et il me faut maintenant admettre que cet article est dans le vrai, sur un point : dans nos sociétés, l'âge de la puberté avance.

Mais alors, je vous vois tous grelotter, c'est vraiment affreux ?

Pas tant que ça, et même pas du tout, rassurez-vous (et/ou trouvez un autre sujet de flippe).

Explications :

La puberté est un phénomène complexe, se manifestant chez l’humain, et chez les deux sexes, par la modification des caractères sexuels primaires et secondaires (appareils génitaux, seins, pilosité, voix). Ces changements physiologiques sont accompagnés de modifications psychologiques elles aussi nombreuses. Biologiquement parlant, et chez les mammifères que nous sommes, la puberté signale le début de l’âge reproductif. Et, porca miseria :

1) ce signal n'arrive pas chez tout le monde au même moment

Chez les filles, l’âge des premières règles est variable, tout comme l'est celui, chez les garçons, de la première éjaculation. Plusieurs travaux ont montré qu’il existe une horloge génétique pour ce phénomène, et des différences perceptibles entre les individus ou les groupes. Mais les gènes ne racontent pas ici toute l’affaire (comme toujours, me direz-vous, et vous aurez raison). De nombreux autres travaux ont montré que le mode de vie influence l’expression de ces gènes : stress prénatal et postnatal, nutrition ou perturbateurs endocriniens sont susceptibles de faire varier l’apparition des premières règles. On parle de « plasticité développementale » pour désigner ce phénomène, qui s’explique assez bien : si l’évolution avait sélectionné un déterminisme strict des gènes sur le développement des organismes, la moindre modification de milieu aurait été fatale à des populations entières. Le fait que les signaux génétiques (et ici hormonaux) soient sensibles à des stimuli du milieu contribue à l’adaptativité des organismes (Cf. Darwin).

2) la survenue moyenne de ce moment n'a pas toujours été la même

N'en déplaise à Serge Hefez (c'est parce que ça rime, je n'ai rien contre ce pauvre homme), l'âge de la puberté a varié au cours de l’évolution humaine. En 2006, dans un papier de synthèse, Peter D. Gluckman et Mark A. Hanson s'étaient penchés sur la question.

Des recherches menées sur les premiers Homo sapiens de la période paléolithique, notamment les squelettes d’enfant, ainsi que sur les populations contemporaines de chasseurs-cueilleurs dont le mode de vie s’en rapproche le plus, montrent ainsi que l’âge des premières règles se situait probablement vers 7 à 13 ans, la capacité reproductive s’installant entre 9 à 14 ans. En moyenne, la majorité des jeunes filles était donc féconde vers 10-12 ans.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le Néolithique a créé des conditions défavorables qui ont eu tendance à retarder de plusieurs années la puberté. L’augmentation de la densité de population, consécutive à la sédentarisation, et l’accroissement des échanges ont favorisé le développement des maladies infectieuses, souvent responsables de retards dans le développement des enfants. Aussi, les ressources en nourriture se sont mises à dépendre des récoltes et de l’élevage, et sont devenues plus incertaines et irrégulières que celles de la chasse-cueillette. Bon nombre de générations ont souffert de famines, qui retardent également l’âge de la puberté (quand elles frappent soit la mère enceinte, soit l’enfant après sa naissance).

Du point de vue de l’âge reproductif des jeunes filles, dont s'émeut (ouin) le Nouvel Observateur, notre époque tend donc à se rapprocher à nouveau du Paléolithique. Et pour cause : les conditions de vie s'améliorent constamment dans les sociétés développées depuis 150 ans, certaines maladies infectieuses de l’enfance sont en régression, l’hygiène et la nutrition n’ont jamais été aussi favorables.

Conséquence : depuis quatre générations, on assiste à une baisse régulière de l’âge de la puberté. De nouveau, les enfants atteignent la maturité sexuelle vers 10-11 ans..

Le problème, c’est que nos sociétés ont dans le même temps repoussé l’âge marital, et le statut symbolique d’homme et de femme s'est considérablement éloigné de leur capacité reproductive proprement dite. Pour reprendre les mots de Hanson et de Gluckman,

« pour la première fois dans l’histoire de notre espèce, la maturation biologique précède largement la maturation psychosociale ».

Et voilà ce qu'exprime fondamentalement cet article du Nouvel Observateur : la difficile conciliation entre la préservation tardive du statut symbolique de l'enfant et l’avancement progressif de la période reproductive.

Par contre, à vos clochettes, les prophètes de la fin des temps, car si nos conditions de vie continuent à s'améliorer, rien ne dit que l'âge de la puberté ne cesse de s'abaisser encore...

 

19:48 Publié dans En cours | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : puberté, évolution, peter d. gluckman, mark a. hanson | |  Facebook

 
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