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15 janvier 2011

Au Japon : le sexe, on s'en fout !

 

3046342511_92795b7ccc_b.jpgSuite (et loin d'être fin) du tour du monde du sexe et de la procréation, option Asie, aujourd'hui : le Japon.

Et que se passe-t-il au Japon ? Selon une étude conjointement menée par le Planning Familial et le Ministère de la Santé, menée sur 1301 individus âgés de 16 à 49 ans, les Japonais se désintéressent de plus en plus du sexe.

36 % des hommes âgés de 16 à 19 ans expriment ainsi leur insensibilité, voire leur opposition au sexe - soit 19% de plus, par rapport aux chiffres de 2008.

Chez les femmes du même âge, elles sont 59% (whaouh ! bravo les filles !) à voir le sexe (en général, hein, pas uniquement le péni') avec indifférence et dégoût. Soit 12% d'augmentation depuis 2008.

Les moins désobsédés du lot seraient les hommes de 30 à 34 ans, marquant par seulement 5,8% leur flegme sexuel - contre 8,3% en 2008. Comme quoi il y a aussi de bonnes nouvelles dans ce sondage. Ou pas. Ah ah.

Chez les couples mariés (330 individus en couple, dans toute l'étude), on applaudit bien fort : près de 40% n'ont eu aucune relation sexuelle le mois passé, soit 4% de plus par rapport à 2008, et ah, je défaille, 10% de plus par rapport à la même enquête de 2004 !

Au palmarès des raisons données à cette apathie conjugale (pourquoi en faut-il, des raisons, c'est la question que je me pose) :

1 > un vague dégoût après avoir mis bas donné la vie

2 > l'envie de rester tranquille

3 > la fatigue après le travail

Selon Kunio Kitamura, directeur du Planning familial japonais, ces chiffres marquent le développement d'une catégorie d'hommes «herbivores», à savoir beaucoup plus passifs et sans grandes ambitions dans leurs relations avec leurs congénères féminines. (Oui, comme je ne lis pas non plus le japonais, je ne sais pas si ce sondage prend en compte autre chose que l'hétérosexualité). Dans une interview à la NHK, Kitamura déclare même : «ces résultats semblent refléter le manque croissant de profondeur dans les relations humaines d'une société trop affairée.»

C'est beau, et ça me fait penser (oui, je pense beaucoup, c'est là mon drame) aux NEET, sur lesquels l'Internet vous offre un merveilleux petit reportage ci-dessous :

 

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14:17 Publié dans Chiffres, etc. | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : japon, asexualité, sondage | |  Facebook

09 janvier 2011

Troisième sexe népalais

4795681821_b44fb13a1b_b.jpgVoici une nouvelle qui me réjouit grandement. Lors de son prochain recensement de la population qui débutera en mai prochain, le Népal ouvrira une catégorie trans, en plus des deux genres masculin et féminin. En espérant que cela décoince un peu la société népalaise qui demeure encore (malgré d'importantes avancées législatives favorables aux LGBT), extrêmement conservatrice, surtout dans les campagnes. Voire que cela décoince le monde entier sur le sujet, soyons fous. Rêvons et chantons ♪♫.

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23:16 Publié dans Rapide | Lien permanent | Commentaires (57) | Tags : népal, transgenre | |  Facebook

08 janvier 2011

Procréation chinoise, la suite : évolution de l'avortement

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Restons dans la thématique (est-ce l'approche du nouvel an chinois ? Nul ne le sait), je vous invite à lire sur l'Associated Press, un très (très) intéressant article d'Alexa Olesen sur l'augmentation des avortements en Chine. Outre des chiffres en hausse - + 1,6 millions d'IVG en un an -, la journaliste pointe aussi le fait que ce sont de plus en plus de jeunes femmes célibataires qui avortent. Auparavant, il s'agissait beaucoup plus de femmes mariées, subissant la politique de l'enfant unique. Citée dans l'article, Zhou Anqin, directrice de clinique, déclare que « l'humiliation d'avoir un enfant hors mariage est beaucoup forte dans notre société que celle d'avorter ». Elle souligne aussi que, lorsqu'elle intervient en milieu scolaire, les professeurs et l'administration l'empêchent de parler contraception, qu'ils considèrent comme pouvant « corrompre » les étudiants.

 

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21:09 Publié dans Rapide | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : chine, avortement, contraception | |  Facebook

06 janvier 2011

Sperme et pollution : l'exemple chinois

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Vous n'êtes peut-être pas encore au courant, mais vous risquez de bientôt l'être : le sperme européen, américain et australien n'est pas en grande forme. En effet, selon un compte-rendu publié par l'European Science Foundation, 1/5ème des européens âgés de 18 à 25 ans seraient « sous-fertiles ». Quant à Shanna Swan, du Center for Reproductive Epidemiology, elle estime que le nombre de spermatozoïdes par éjaculat chute depuis plusieurs années de 3% par an en Europe et en Australie, et de 1,5% en Amérique.

Selon elle, même si des études supplémentaires sont nécessaires pour prouver la chose (certaines pointent d'ailleurs des soucis méthodologiques dans ce genre de constat), les produits chimiques, la pollution et, globalement, le fait que les hommes subissent moins que les femmes des pressions sociales quant à leur santé, leur bien-être, ou leurs régimes alimentaires, seraient responsables de ce ralentissement de la fertilité masculine.

En fouillant un peu autour de cette information (qui, pour mes plus affutés lecteurs, n'aura rien d'une nouvelle fracassante, j'en conviens bien), j'ai trouvé cette étude chinoise (ne parlant pas le chinois, j'ai dû me contenter du résumé, et je me sens un peu mal, je l'avoue) montrant que la qualité du sperme chinois est restée stable de 1985 à 1995, pour connaître ensuite une baisse relativement spectaculaire - soit -1,4% par an en termes de volume d'éjaculat, et de -2,15% en termes de nombre de spermatozoïdes.

Autrement dit : comme par hasard au moment où la Chine s'est éveillée (pour reprendre le bon mot de feu Alain Peyrefitte, ah ah quel margoulin) économiquement et industriellement parlant. Eveil qui s'est soldé et se solde par l'émission dans l'atmosphère, les sous-sols et les rivières d'une masse de produits chimiques pouvant rendre chauves (voire pire !) plusieurs générations de Nicolas Hulot(s).

Par contre, si vous voulez mon avis (et oui, vous le voulez) ce n'est vraiment pas une mauvaise nouvelle. Mais je vous expliquerai ça plus tard - ou pas. Lol.

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15:36 Publié dans En cours | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : sperme, pollution, chine, fertilité | |  Facebook

04 janvier 2011

Simulation masculine et féminine : la faute au scénario sexuel

3936469485_9832d1810f_o.jpgTadam ! Champagne ! Voici un nouveau blog ! D'ailleurs, avant d'en venir aux choses sérieuses, savez-vous ce qui est blanc, tombe en hiver, et contient la lettre C ? (Bah de la neige ! connard !)

Oui, de rien.

Sinon, figurez-vous qu'en novembre dernier, Charlene L. Muehlenhard et Sheena K. Shippee (Université du Kansas) ont publié une étude dans The Journal of Sex Research montrant que la simulation sexuelle est somme toute assez bien partagée entre hommes et femmes. Chez ces dernières, cela semble aller de soi, vu qu'un tiers d'entre elles souffriraient au cours de leur vie d'anorgasmie, et 10% seraient tout bonnement incapables d'atteindre l'orgasme (on appelait ça la « frigidité » dans le temps). Dans l'étude de Muehlenhard et Shippee, les chiffres concordent : sur les 101 étudiantes interrogées, 53,5% ont déjà simulé un orgasme.

Mais le plus étonnant (enfin, j'imagine, car moi, cela va sans dire, je suis blasée), c'est qu'à la question des chercheuses « vous êtes-vous déjà comporté comme si vous aviez un orgasme, alors que ce n'était pas le cas, ou avez-vous déjà dit que vous aviez joui, alors que ce n'était pas vrai », 25% des 180 garçons ont répondu par l'affirmative.

L'acte le plus incitateur de simulation est sans conteste la pénétration vaginale (que 85% des garçons et 68% des filles interrogés avaient déjà pratiquée), car 28% des hommes et 67% des femmes on déclaré avoir menti dans ce cas-là. Les autres types de rapports sexuels (stimulation manuelle, orale et, oui, cela comptait dans l'étude, phone-sex) n'étaient générateurs de faux-orgasmes que pour 10% des garçons et 19% des filles (même s'il faudrait qu'on m'explique comment simuler - quand on est du côté du pénis - en cas de fellation)((en commentaire, par exemple)).

Par contre, le plus intéressant ne vient pas tant de ces chiffres, mais dans les raisons données par les simulatrices et simulateurs à leurs mensonges. (N.B. : dans ce genre d'étude dite « qualitative », le nombre relativement faible de participants, et la difficulté de donner une quelconque signification statistique aux résultats est suppléée par plus de précision, d'analyse et de compréhension des comportements observés.)

Car comment justifier ces faux orgasmes ? Par le fait qu'ils mettent fin au rapport sexuel ! Les hommes voulant aussi qu'une telle conclusion ne paraisse pas trop louche, et les femmes qu'elle ne blesse pas (psychologiquement) leurs partenaires. De plus, chez 20% des femmes, la simulation aurait été causée par l'impression que leur partenaire masculin était sur le point de jouir - une grosse partie d'entre elles notant même, qu'en général, elles arrivent très bien à jouir, mais qu'elles simulent pour ne pas avoir à le faire après lui.

Et en disant intéressant, je voulais aussi dire dramatique : car si simulation il y a, ce n'est donc pas tant pour des raisons de manque de désir, voire de peu d'intérêt pour le sexe (oui, il y a des gens que le sexe emmerde, j'ai écrit tout un livre dessus, *jingle*), mais en fonction de ce qui semble une rupture d'un scénario sexuel préétabli. Ce scénario sexuel, que les simulatrices et simulateurs souhaitent suivre avec le plus de « conscience professionnelle » possible, comme le disent les chercheuses, se déroule ainsi : le rapport sexuel commence, la femme jouit, l'homme jouit, le rapport sexuel se termine. En d'autres termes : la simulation n'est pas tant le signe d'une sexualité « déficiente » que le symptôme d'une sexualité utilitariste (le sexe a un but et un seul : l'orgasme) et sociale (mais que va-t-elle/va-t-il penser de moi - ou de ses « performances » si je ne jouis pas ?).

Évidemment, d'un point de vue évolutionnaire, tout cela se comprend. Mais nous le verrons plus tard...à chaque jour suffit sa peine : bienvenue sur ce nouveau blog !

 

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> Référence : Muehlenhard, Charlene L. & Shippee, Sheena K. (2010), « Men's and Women's Reports of Pretending Orgasm: Data and Conceptual Issues », in Journal of Sexual Research, novembre, 47, 6, pp.552-67.

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21:23 Publié dans Chiffres, etc. | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : fellation, orgasme, simulation | |  Facebook

 
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