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15 avril 2011

Des femmes, des moules et des hormones

Connaissez-vous Georgia O'Keeffe ? Si oui, bravo. Si non, ce n'est pas grave, la preuve : c'était mon cas il y a encore peu de temps.

Dans tous les cas, prenez donc un moment pour admirer quelques reproductions de ses œuvres picturales :

 

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13241104_Gray Line with Black Blue and Yellow c1923.jpg
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Quel rapport avec les océans de stupre et de lucre que je vous promets avec mon titre hautement suggestif ? J'y viens. Mais avant, sachez que depuis une vingtaine d'années, il est scientifiquement établi que le cycle menstruel des femmes est responsable d'une fluctuation de leur libido et que, globalement, le désir est plus fort en début (phase folliculaire – ou fertile, pour la mnémotechnie) qu'en fin de cycle (phase lutéale).

En 1984, Matteo et Rissman ont ainsi montré que les lesbiennes avaient plus d'orgasmes et de rapports sexuels au milieu de leur cycle. En 2004, Bullivant et ses collègues ont observé un accroissement de l'intérêt sexuel et une multiplication des fantasmes à quelques jours de l'ovulation et de son pic d'hormone lutéinisante (LH). En 1994, dans une étude de Schweitzer, Zillman & Mundorf, quand on leur donnait le choix entre plusieurs films, les femmes ovulantes ou proches de l'être se dirigeaient spontanément vers des productions à plus fort contenu érotique, comparé à leurs autres choix à d'autres moments de leur cycle. De même, en 2003, Natale, Albertazzi & Cangini ont montré que les rêves érotiques se multipliaient à cette période.

De manière un peu plus « précise » certaines études ont aussi mesuré les réactions d'un ensemble de femmes à des stimuli sexuels, à l'aide d'un tachistoscope (vous aurez au moins appris un truc aujourd'hui). Dans une étude de 1994, celles qui étaient dans la première phase identifièrent mieux (et plus) les images explicitement sexuelles, par rapport à celles qui prenaient la pilule, et dans un travail publié en 2000, les scientifiques notèrent qu'une telle précision s'accompagnait d'une plus grande dilatation des pupilles.

Pour spécifier encore plus les choses, Rudski, Bernstein & Mitchell (du département de psychologie de l'Université Muhlenberg, en Pennsylvanie) ont décidé d'analyser la manière dont le cycle menstruel pouvait influer sur l'appréciation artistique en général, et sur celles d'œuvres potentiellement érotiques en particulier.

Pour ce faire, ils ont présenté les œuvres de Georgia O'Keeffe ci-dessus à des femmes (83 en tout) et leur ont demandé de rédiger un petit paragraphe suivant cette consigne :

Décrivez vos pensées, vos sentiments et vos interprétations face à ces images. Nous nous intéressons en particulier à ce que ces tableaux vous font ressentir, et ce que vous pensez que l'artiste a voulu dire en les peignant.

Résultat : si 31 % des descriptions contenaient des thèmes sexuels chez les femmes en pleine « phase fertile », le pourcentage tombait à 9 % dans la seconde phase du cycle. En divisant le cycle en 5 phases (ça se fait), les chiffres étaient de 34 % > 17 % > 23 % > 9 % > 9 %.

Comme vous êtes très bons en maths, vous aurez compris que, dans tous les cas, la majorité des analyses picturales de ces dames n'était pas sexuellement orientées. Par contre, si vous avez eu de mauvaises pensées en regardant ces images, il est bien possible que vous ovuliez.

 
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