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30 juin 2011

La pilule nous fait-elle changer d'avis ?

 

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Vous savez quoi ? Le choix sexuel des femmes hétérosexuelles varie selon leur état hormonal et on peut même prédire qu’il sera modifié par la prise d’une contraception orale ou par la grossesse.

La première étude sur ce sujet a été dirigée par le psychologue Anthony C. Little et montre que la pilule contraceptive aurait bien une influence sur la sélection du partenaire. Pour parvenir à cette conclusion, l’équipe de chercheurs a rassemblé cinq analyses différentes, toutes portant sur des échantillons de taille appréciable.

(Le premier qui dit que c'est quand même peu, je lui jette un sort pour qu'il soit obligé de remplir à vie des dossiers d'autorisation de recherche auprès d'un comité d'éthique universitaire)

La première étude a rassemblé 639 femmes britanniques, âgées de 20 à 25 ans, ayant déclaré avoir des cycles réguliers. Le questionnaire portait sur l’appréciation de quatre paires de photos de visages masculins, chaque paire comprenant deux versions d’un « visage basique » modifié numériquement pour correspondre soit à un taux élevé de testostérone, soit à un taux moindre. Les visages ayant les marqueurs masculins propres à un taux élevé de testostérone sont supposés être plus « sains » que les autres, car la testostérone est connue pour avoir un effet immunosuppresseur important chez les mâles : le fait de supporter un taux élevé de l’hormone masculine serait donc le révélateur d’un système immunitaire « solide ».

Les images, en couleur, ont été composées à partir des photographies de 80 hommes blancs âgés de 18 à 30 ans. Les participantes devaient ensuite noter leur appréciation à l’aide d’un QCM à 4 entrées : indifférent, préférence faible, neutre, forte. Elles devaient aussi préciser leur orientation sexuelle, la date de leurs dernières règles, leur mode de contraception, leur statut marital, et signaler une éventuelle grossesse. Dans tous les cas, les visages modifiés pour apparaître comme les plus révélateurs de testostérone ont été les plus choisis, mais cette sélection était plus appuyée encore lors de la phase fertile.

La deuxième série a porté sur l’appréciation de visages masculins et féminins. Les 30 nouvelles participantes, des étudiantes hétérosexuelles âgées de 18 à 23 ans, sans contraception depuis au moins trois mois et n’étant pas enceintes, étaient confrontées à douze nouvelles paires de visages (six féminins et six masculins), composées pour correspondre à différents degrés de santé apparente. Les entretiens ont duré six semaines et, à chaque fois, les volontaires devaient fournir un échantillon d’urine pour déterminer la phase folliculaire dans laquelle elles se trouvaient.

Résultat : une plus grande attirance pour les visages à fort indice de testostérone (sains), tous sexes confondus, durant la période fertile des participantes.

La troisième étude, à laquelle participaient 31 volontaires semblables à l’étude précédente, portait sur 6 nouvelles paires de visages, composées de la même manière que dans la première recherche. Les questionnaires devaient être remplis durant quatre semaines et portaient sur le choix d’une relation à court ou à long terme. Les visages étaient présentés aléatoirement et intercalés avec des images de contrôle. Dans ce cas, les femmes se trouvant dans une phase fertile avaient plus tendance à choisir des visages masculinisés pour des relations à court terme, mais non à long terme.

Dans la quatrième étude, 115 femmes enceintes se sont vues présenter les photos de la première étude et devaient les évaluer de la même façon. Face à elles, 857 femmes non-enceintes et sans contraception orale faisaient office de groupe test. De la même façon que dans les études 1 et 3, les visages les plus clairement masculins reçurent le maximum de suffrages.

Enfin, dans la dernière étude, 1570 femmes hétérosexuelles sous pilule et 1325 sans pilule se sont vues présenter les visages des études 1 et 4, toujours selon les mêmes modes d’évaluation. Toutes ces femmes ont exprimé en moyenne une plus forte attirance vers les visages à marqueur de testostérone, mais cette préférence était plus appuyée chez les femmes sous pilule.

Dès lors, si le choix sexuel varie en fonction du cycle ovarien, il varie aussi selon la nature du rapport souhaité, à court terme (plus fréquent chez les femmes utilisant la contraception et ne souhaitant pas fonder une famille) ou à long terme (auquel cas des traits moins virils serait un gage d'investissement parental durable).

Attention cependant à la suite des événements, prévient Little :

Une femme qui a choisi son homme alors qu’elle était sous l’influence de la pilule trouvera peut-être qu’elle s’est trompée de mari une fois qu’elle voudra des enfants et qu’il les élève.

En d’autres termes, la contraception moderne pourrait bien modifier les règles de la sélection sexuelle, en faisant préférer des « bons fertilisateurs » alors que l’on n’est pas fertile, et regretter de « bons investisseurs » alors que l’on s’est reproduit.

Et si la pilule était un facteur méconnu de l’augmentation du nombre des divorces, hein ?

 

20:11 Publié dans la Science, la Vraie | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : pilule, choix sexuel, contraception, utérus à pattes | |  Facebook

08 janvier 2011

Procréation chinoise, la suite : évolution de l'avortement

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Restons dans la thématique (est-ce l'approche du nouvel an chinois ? Nul ne le sait), je vous invite à lire sur l'Associated Press, un très (très) intéressant article d'Alexa Olesen sur l'augmentation des avortements en Chine. Outre des chiffres en hausse - + 1,6 millions d'IVG en un an -, la journaliste pointe aussi le fait que ce sont de plus en plus de jeunes femmes célibataires qui avortent. Auparavant, il s'agissait beaucoup plus de femmes mariées, subissant la politique de l'enfant unique. Citée dans l'article, Zhou Anqin, directrice de clinique, déclare que « l'humiliation d'avoir un enfant hors mariage est beaucoup forte dans notre société que celle d'avorter ». Elle souligne aussi que, lorsqu'elle intervient en milieu scolaire, les professeurs et l'administration l'empêchent de parler contraception, qu'ils considèrent comme pouvant « corrompre » les étudiants.

 

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21:09 Publié dans Rapide | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : chine, avortement, contraception | |  Facebook

 
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