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07 avril 2011

Le sexe ou le beau temps ?

1175802995_97b9a245fa_b.jpgL'autre jour, les hasards de la vie m'ont fait tomber sur une vidéo de Jean-Marie Bigard. En effet, les hasards de la vie sont parfois bien pervers. Dans cette saynète censée faire hurler aux éclats l'assistance (de tels rires s'entendaient, effectivement, dans le public), notre cher comique national se demandait ce que certains scientifiques avaient comme temps à perdre pour faire des études sur le comportement des animaux (si ma mémoire est bonne, il s'agissait de chauves-souris enragées).

Je crois qu'il n'y a rien qui me tord plus les nerfs et me donne envie de nucléariser un pays du tiers-monde (voilà pourquoi il ne faut pas laisser proliférer les armes atomiques) que d'entendre des gens (car c'est toujours d'eux qu'il s'agit) se demander combien de temps des scientifiques ont à perdre et/ou combien de fric des scientifiques ont à gâcher et/ou n'y a-t-il pas à faire des recherches plus urgentes et/ou utiles et/ou qui-sauveraient-des-vies et/ou je vais m'arrêter là car je sens les heureux effets d'une belle journée sur ma quiétude mentale se dissiper à mesure que cette énumération se développe.

Et non vous n'aurez pas le lien de la vidéo de Bigard.

Par contre, voici :

 

Le petit oiseau présent sur ces images s'appelle le manakin à fraise (Corapipo altera). Il vit dans les zones tropicales, allant de l'est du Honduras au nord du Vénezuela, et se nourrit de fruits et de petits insectes (car, en effet, il n'est pas bien gros).

Autre caractéristique : il est migrateur (et cela ne signifie pas qu'il possède une patte trop courte et ne peut se gratter entièrement le dos) et passe la saison sèche à basse altitude (entre 400 et 600 m) pour préférer monter jusqu'à 1500 m en saison humide, où des précipitations plus faibles lui permettent de trouver plus facilement de la nourriture.

Plus précisément, il est partiellement migrateur (ou mi-migrateur, si vous préférez – on dit aussi « migrateur facultatif »), car tous les individus de cette espèce ne migrent pas quand la saison des pluies arrivent. Non, certains choisissent de ne pas se bouger le croupion et de rester peinard en bas, quitte à crever de faim.

Et qu'est-ce qu'ont découvert des scientifiques qui ont décidément pas mal de temps à perdre (en l’occurrence et entre autres, plus de 1200 h d'observation) ? Que les mâles qui ne migraient pas étaient ceux qui se reproduisaient le plus quand venait la saison des amours suivante.

Pour Ryan Norris, l'un des auteurs de l'étude :

« Ces manakins doivent faire le choix entre de meilleures chances de survie, ou de meilleures chances reproductives. La plupart des animaux migrent à cause du froid, mais dans les zones tropicales, vous pouvez trouver certaines populations partiellement migrateurs. Ces espèces ouvrent une fenêtre sur l'évolution de la migration et une occasion unique d'examiner les coûts et les bénéfices de ce comportement. »

J'en profite donc pour remercier tous ces chercheurs qui ouvrent des fenêtres, quand d'autres rances cherchent à les fermer (et les rires gras) et pour ouvrir une nouvelle rubrique de ce blog, qui, vous l'aurez compris, s'intéressera à la sexualité animale hors humaine. Et si cela ne vous plaît pas, c'est bien dommage pour vous.

15:09 Publié dans Bestioles | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : manakin à fraise, jean-marie bigard, oiseau migrateur | |  Facebook

 
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