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26 février 2011

16% des hommes ne jouiraient jamais...

 

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Branle-bas de combat (attention, astuce), selon un article du New York Daily News – repris aussi à droite et à gauche – 16% des hommes n'auraient jamais d'orgasme en éjaculant.

Petit problème : depuis qu'il traîne dans mon dossier « trololo à traiter sur Pornologie » (depuis le 18 janvier dernier, parfaitement, soit environ un siècle et demi en termes de l'actualité contemporaine du temps d'aujourd'hui), il m'a été tout bonnement impossible de mettre la main (astuce ?) sur l'étude de Darius Paduch mentionnée dans le papier.

Évidemment, un chiffre tout nu (métaphore bien coquine) comme ça, ça ne veut pas dire grand chose. Et même s'il me paraît fort crédible, ne pas savoir (par exemple) sur combien d'individus portait cette étude, ou qu'elle en était la méthode de collecte des données, cela me turlupine (etc.).

Alors, comme souvent en cas de connaissances lacunaires, si promptes à stimuler le va-et-vient de mon esprit malade (et le vôtre aussi, je vous ferais dire), les pensées et les concepts jaillissent sous ma boîte crânienne...

Par exemple : et si nous faisions (rien à voir avec le faisan) l'hypothèse que cette étude soit « bonne » (et ne soit pas une « étude à la con »), et qu'en réalité de la vraie vie (IRL disent les gens de l'internet) un gros 6ème des hommes dissociait orgasme et éjaculation ?

Et si nous allions plus loin (plus profond, si vous voulez) en imaginant que ce résultat, s'il se confirme et se reproduit, soit aux hommes ce que The Case of the Female Orgasm a été aux femmes ?

Explication : en 2005, soit l'époque sumérienne en T.E.D.T.P (temps équivalent du temps présent – et je n'ai trouvé aucun acronyme grivois à faire, vous m'en voyez désolée), ce livre (merveilleux, mirifique, les bras m'en tombent et les organes m'en descendent tellement que je n'ai pas de mot pour le qualifier à sa juste valeur), ce livre donc d'Elisabeth Lloyd réfutait méthodiquement tout ce qu'on (qui est un con, on vous le dit, on vous le répète) pensait sur l'orgasme féminin et son origine évolutive.

Preuves (♥) à l'appui, Elisabeth Lloyd y montrait que près de ¾ des femmes ne jouissaient pas à chaque fois – jamais pour 1/3 d'entre elles, que cette anorgasmie soit primaire ou secondaire. Pour Lloyd, l'orgasme féminin, contrairement à ce que LA science laissait auparavant entendre*, n'avait peu voire pas d'intérêt, évolutivement parlant. En gros, parce que LA femme peut très bien tomber enceinte sans orgasme, mais n'accepte pas vraiment le coït sans désir, il était alors pertinent de séparer l'analyse de l'excitation et celle de l'orgasme – la première n'étant pas, forcément (et même plutôt rarement) un moteur du second, vu comme une sorte de sous-produit évolutif.

En bref un « bonus ».

Alors voilà : et si les hommes, eux aussi, pouvaient dissocier de manière statistiquement significative orgasme et éjaculation ? Et si l'orgasme était une sorte de pouce du panda ? Et si ma tante en avait et qu'on pouvait l'appeler mon oncle ?

 

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* l'orgasme améliorerait le lien entre la femme et son partenaire masculin, les contractions vaginales boosteraient la fécondation en aidant le sperme à remonter vers les trompes, etc.

 

23:48 Publié dans En cours | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : éjaculation, orgasme, évolution, darius paduch, elisabeth lloyd | |  Facebook

20 janvier 2011

La grippe du pénis

 

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La vie est ainsi faite que j'en apprends tous les jours, et c'est merveilleux vous savez. Présentement, la dernière en date à avoir rendu mon cerveau tout ébahi concerne :

1/ la découverte du « syndrome du trouble post-orgasmique » - un ensemble de maux divers et variés (d'où l'étiquette de « syndrome ») dont souffrent certains hommes après l'orgasme. Cela va de la fatigue intense (je voudrais faire une parenthèse, et je crois que c'est le bon moment de la faire, pour vous dire que je hais, de toute la force de ma haine, le terme de galipettes, parenthèse fermée), à une hypersensibilité au chaud et au froid, en passant par des symptômes grippaux - fièvre, écoulements nasaux (un nasal, des naseaux), maux de tête, etc.

Je me sens un peu morveuse (warf warf warf), parce que ce syndrome est documenté depuis quand ? Depuis 2002 ! Autant dire une éternité dans nos époques où tout passe tellement vite qu'on n'a plus le temps de ne rien faire.

Mais là où je me rattrape, c'est que :

2/ Des médecins viennent tout juste de faire une hypothèse étiologique qui a l'air assez sérieuse sur l'origine de cette maladie somme toute étrange (et si vous aviez cliqué sur le lien précédent, vous auriez su que je viens de me vautrer dans un pléonasme, soit dit en passant).

A savoir : il s'agirait d'une allergie au sperme.

Parfaitement, une réaction auto-immune qu'auraient certains hommes face à leur propre sperme et qui les rendrait malades dans la minute qui suit leurs éjaculations.

D'où l'intérêt de pouvoir jouir sans éjaculer, mais pas l'inverse, je ne vous le fait pas dire.

 

(Un concept auto-référencé s'est caché dans cet article, sauras-tu le retrouver ?)

 

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Références :

Postorgasmic Illness Syndrome (POIS) in 45 Dutch Caucasian Males: Clinical Characteristics and Evidence for an Immunogenic Pathogenesis (Part 1)

Hyposensitization Therapy with Autologous Semen in Two Dutch Caucasian Males: Beneficial Effects in Postorgasmic Illness Syndrome (POIS; Part 2)

 

 

02:47 Publié dans Rapide | Lien permanent | Commentaires (21) | Tags : postorgasmic illness syndrome, pois, orgasme, sperme, allergie | |  Facebook

04 janvier 2011

Simulation masculine et féminine : la faute au scénario sexuel

3936469485_9832d1810f_o.jpgTadam ! Champagne ! Voici un nouveau blog ! D'ailleurs, avant d'en venir aux choses sérieuses, savez-vous ce qui est blanc, tombe en hiver, et contient la lettre C ? (Bah de la neige ! connard !)

Oui, de rien.

Sinon, figurez-vous qu'en novembre dernier, Charlene L. Muehlenhard et Sheena K. Shippee (Université du Kansas) ont publié une étude dans The Journal of Sex Research montrant que la simulation sexuelle est somme toute assez bien partagée entre hommes et femmes. Chez ces dernières, cela semble aller de soi, vu qu'un tiers d'entre elles souffriraient au cours de leur vie d'anorgasmie, et 10% seraient tout bonnement incapables d'atteindre l'orgasme (on appelait ça la « frigidité » dans le temps). Dans l'étude de Muehlenhard et Shippee, les chiffres concordent : sur les 101 étudiantes interrogées, 53,5% ont déjà simulé un orgasme.

Mais le plus étonnant (enfin, j'imagine, car moi, cela va sans dire, je suis blasée), c'est qu'à la question des chercheuses « vous êtes-vous déjà comporté comme si vous aviez un orgasme, alors que ce n'était pas le cas, ou avez-vous déjà dit que vous aviez joui, alors que ce n'était pas vrai », 25% des 180 garçons ont répondu par l'affirmative.

L'acte le plus incitateur de simulation est sans conteste la pénétration vaginale (que 85% des garçons et 68% des filles interrogés avaient déjà pratiquée), car 28% des hommes et 67% des femmes on déclaré avoir menti dans ce cas-là. Les autres types de rapports sexuels (stimulation manuelle, orale et, oui, cela comptait dans l'étude, phone-sex) n'étaient générateurs de faux-orgasmes que pour 10% des garçons et 19% des filles (même s'il faudrait qu'on m'explique comment simuler - quand on est du côté du pénis - en cas de fellation)((en commentaire, par exemple)).

Par contre, le plus intéressant ne vient pas tant de ces chiffres, mais dans les raisons données par les simulatrices et simulateurs à leurs mensonges. (N.B. : dans ce genre d'étude dite « qualitative », le nombre relativement faible de participants, et la difficulté de donner une quelconque signification statistique aux résultats est suppléée par plus de précision, d'analyse et de compréhension des comportements observés.)

Car comment justifier ces faux orgasmes ? Par le fait qu'ils mettent fin au rapport sexuel ! Les hommes voulant aussi qu'une telle conclusion ne paraisse pas trop louche, et les femmes qu'elle ne blesse pas (psychologiquement) leurs partenaires. De plus, chez 20% des femmes, la simulation aurait été causée par l'impression que leur partenaire masculin était sur le point de jouir - une grosse partie d'entre elles notant même, qu'en général, elles arrivent très bien à jouir, mais qu'elles simulent pour ne pas avoir à le faire après lui.

Et en disant intéressant, je voulais aussi dire dramatique : car si simulation il y a, ce n'est donc pas tant pour des raisons de manque de désir, voire de peu d'intérêt pour le sexe (oui, il y a des gens que le sexe emmerde, j'ai écrit tout un livre dessus, *jingle*), mais en fonction de ce qui semble une rupture d'un scénario sexuel préétabli. Ce scénario sexuel, que les simulatrices et simulateurs souhaitent suivre avec le plus de « conscience professionnelle » possible, comme le disent les chercheuses, se déroule ainsi : le rapport sexuel commence, la femme jouit, l'homme jouit, le rapport sexuel se termine. En d'autres termes : la simulation n'est pas tant le signe d'une sexualité « déficiente » que le symptôme d'une sexualité utilitariste (le sexe a un but et un seul : l'orgasme) et sociale (mais que va-t-elle/va-t-il penser de moi - ou de ses « performances » si je ne jouis pas ?).

Évidemment, d'un point de vue évolutionnaire, tout cela se comprend. Mais nous le verrons plus tard...à chaque jour suffit sa peine : bienvenue sur ce nouveau blog !

 

***

> Référence : Muehlenhard, Charlene L. & Shippee, Sheena K. (2010), « Men's and Women's Reports of Pretending Orgasm: Data and Conceptual Issues », in Journal of Sexual Research, novembre, 47, 6, pp.552-67.

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21:23 Publié dans Chiffres, etc. | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : fellation, orgasme, simulation | |  Facebook

 
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