Avertir le modérateur

04 juin 2011

Le fabuleux destin du sperme danois

Pour que votre sperme national inonde le marché mondial de l'insémination artificielle, ce n'est pas bien compliqué.

Offrez à vos donneurs une rémunération qui ne soit ni pingre ni extravagante (entre 40 et 150€ l'éjaculat) et un anonymat complet, pour ceux qui le désirent (ni nom, ni téléphone, ni moyen d'être recontacté ultérieurement – macache bono bézef). Ne leur demandez pas non plus de se déplacer dans des cliniques glauques et de stimuler leur imagination avec des vieux Penthouse qui collent, non, venez collecter à domicile leur précieuse semence à bord de vélos rigolos.

spermbike1.jpg

Quant à vos récipiendaires, visez l'international et en particulier toutes ces affreuses nations aux absurdes législations (où le don n'est pas rémunéré, où l'anonymat est interdit, voire les deux), n'établissez aucune restriction de statut matrimonial ou d'orientation sexuelle, et baissez vos prix par rapport à ceux pratiqués dans ces pays.

Et voilà, bingo, vous avez la recette. De quoi voir le monde entier accourir à vos portes pour s'approvisionner en gamètes fraîches, doubler en moins de deux votre clientèle, faire fortune, ouvrir des succursales aux quatre coins de la planète, etc.

31 mai 2011

Vitamine D, vitalité

Bonjour Madame, bonjour Monsieur,

Si vous souffrez d'un petit coup de mou, si vous n'arrivez pas à réaliser votre projet-de-bébé (la prochaine fois, je vous parlerai quand même de surpopulation), si vous avez le sperme fatigué et les gamètes patraques, ..., ne vous en faites pas, j'ai la solution !

(Enfin, pas moi, personnellement)

Il se pourrait que vous souffriez d'une carence en vitamine D (oui, celle-là même que vous stimulez en bronzant, tout en augmentant vos chances de mourir d'un mélanome)((pas évident, la vie)).

La preuve : shootez les rats à la vitamine D, et leurs spermatozoïdes danseront la samba. Un effet qui vient tout juste d'être prouvé chez les humains.

Tchiqui-tchiqui-boum.

 

15:15 Publié dans la Science, la Vraie | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : sperme, vitamine d, youpi la vie | |  Facebook

15 mai 2011

Des possibles effets antidépresseurs du sperme

229117_199489210094296_100000996567863_514149_6967620_n.jpgS'il vous plaît, arrêtez de me submerger de commentaires et de mails, voilà, c'est bon, je vous raconte pourquoi le sperme a peut-être des effets antidépresseurs, et pourquoi il est un parfait cadeau à offrir à la Saint-Valentin.

En 2002, l’équipe de Gordon Gallup (Université d’État de New York) recrute 293 volontaires féminines hétérosexuelles. Celles-ci remplissent un questionnaire précisant la fréquence de leurs rapports sexuels et de l’utilisation du préservatif par leur partenaire. Par ailleurs, leur humeur est mesurée par le Beck Depression Inventory, un questionnaire standardisé où un score supérieur à 17 est interprété comme le signe d’une dépression. Vous avez tout compris : moins le score est élevé, meilleure est l’humeur.

Résultats :

> les femmes dont le partenaire n’utilisait jamais de préservatif ont obtenu un score de 8, celles qui s'en servent parfois, 10,5, souvent, 15 et tout le temps, 11,3. Quant aux femmes abstinentes au moment de l'étude, leur score moyen s'établi à 13,5.

> plus l’intervalle de temps depuis le dernier rapport non protégé est long, plus l’humeur des femmes est sombre – une caractéristique qui n’existe pas chez les femmes aux rapports protégés par un préservatif masculin.

> Enfin, les tentatives de suicide montrent elles aussi une corrélation positive avec l’usage de ce préservatif.

Dans une thèse non encore publiée d'un étudiant de Gallup, ce résultat a été retrouvé sur un échantillon plus important de 1000 femmes. L’ « anomalie » du score des femmes utilisant tout le temps des préservatifs dans leurs rapports disparaît dans cette autre étude, ce qui montre qu’elle tenait sans doute à un échantillonnage insuffisant.

La conclusion des chercheurs est simple : le sperme possède un effet antidépresseur. Tous les autres facteurs étudiés (fréquence des rapports, utilisation de contraceptifs oraux, qualité de la relation, etc.) ne suffisent pas à éliminer la covariance de l’humeur et du préservatif. Et cette hypothèse n’a rien d’absurde : la semence masculine contient en effet de nombreuses hormones connues pour affecter l’humeur (prostaglandines, testostérone, œstrogènes, prolactine, etc.). Et il a été démontré que ces molécules connaissent un pic de concentration dans le sang de la femme plusieurs heures après un rapport sexuel non protégé.

Heureusement, Gordon Gallup se garde bien de conseiller d’abandonner le préservatif :

« Une grossesse non désirée ou une MST annihile très largement les aspects psychologiquement positifs du sperme ».

(L’un des nombreux paradoxes de cette situation est que les antidépresseurs de nouvelle génération ont souvent pour effet secondaire de diminuer la libido masculine.)

Le sexe oral est supposé avoir les mêmes effets positifs sur l’humeur, puisque les hormones ne sont pas détruites par la digestion. Il en va de même pour la pénétration de ces molécules dans les muqueuses ano-rectales.

L’étude ne dit pas, par contre si tous les spermes possèdent la même qualité antidépressive. Dans ce cas, les plus gros donneurs pourraient demander un remboursement par la Sécurité Sociale, pour service rendu à la santé mentale de la population.

03 mars 2011

Pour qui sonne le glas ? Pour le sperme finlandais

4252199203_ceb699c976_o.jpg

Pas une semaine sans que d'affolantes nouvelles nous arrivent du front du sperme ! C'est affreux ! Cela me donne envie de creuser à mains nues un abri antiatomique et d'aller m'y réfugier, non sans avoir auparavant couru en rond autour de moi-même pour manifester toute l'étendue de ma panique !

Cette fois-ci, l'horreur nous vient de Finlande.

Cette étude, publiée dans l'International Journal of Andrology, montre que la qualité du sperme finlandais s'est détériorée de manière très significative ces dix dernières années. Comme de par hasard, le nombre de cancers des testicules, toujours chez les Finlandais (c'est qu'on parle de la même étude depuis le départ) a lui aussi très fortement augmenté.

L'étude a été menée par Jorma Toppari, de l'Université de Turku (ville que je connais parfaitement, car j'y ai pris un jour un ferry qui m'a amenée à Stockholm), et portait sur trois cohortes d'hommes âgés de 19 ans, dont les spermatozoïdes ont été observés entre 1998 et 2006.

Chez ceux nés en 1979 et 1981, le nombre de spermatozoïdes par éjaculat s'élevait à 227 millions – chiffre qui s'abaissait à 202 millions pour ceux nés entre 1982 et 1983, puis 165 millions pour ceux nés en 1987.

Soit, attention, je prends ma calculette (en vrai c'est la fausse calculette de windows, mais elle fonctionne pareil), cela nous donne 62 millions de spermatozoïdes de perdus en moins de dix ans !

(Là je pense à la blague disant que si l'avortement est un meurtre, la masturbation est un génocide, mais je ne sais pas si elle est fort à propos rapport à l'actualité – en même temps je ne bois pas, vais très rarement dans des cafés, et encore moins à la Perle, et ne suis pas directeur d'une collection de haute-couture, j'ai donc envie de dire OUF, mon ignominie est sauve)

Autre chiffre alarmant, le nombre de spermatozoïdes normaux, en termes morphologiques, est passé de 18 millions à 11 millions.

(Oui, je vous annonce aussi que moins de 10% des spermatozoïdes présents dans un éjaculat sont dits « normaux ».)

Enfin, histoire de vous foutre encore plus le cafard (si cafard il y a, car à un niveau personnel et intérieur de moi-même, ça aurait plutôt tendance à me réjouir, il faut vous préciser aussi que je serais gothique), sachez que ces résultats sont tout particulièrement significatifs, car la fertilité masculine finlandaise était, jusqu'à présent, relativement épargnée des affres du déclin spermatique observé partout ailleurs.

Et si les chercheurs n'ont pas, encore, mis la main sur les causes ultimes de ce dépérissement gonadique, sa rapidité et sa récence les font pencher vers une explication environnementale – pollution zé autres perturbateurs endocriniens que nous autres, éloignés de la terre qui ne ment pas de nos ancêtres les rutabagas, bouffont par tous les trous à longueur de journée.

(Et qu'on l'aura bien cherché si on crève tous de mort parce qu'on sera puni par là-même où on a péché : LA PREUVE.)

31 janvier 2011

Le nombre de partenaires sexuels de votre mère pourrait influer sur la qualité de votre sperme

14706726_496b70671b_o.jpg

Au cas où vous n'auriez pas suivi, le sperme ne va pas très bien (oui, on dit LE sperme, comme on dit LA femme, ça pousse l'emphase, le peuple a peur et tremble devant vos lumières et n'ose que rarement l'ouvrir, c'est tout bénef).

Vous connaissez donc l'hypothèse d'un lien entre pollution et ce déclin annoncé qui nous mènera, vous et moi et tous nos enfants (enfin, surtout les vôtres) vers une disparition certaine, mais reste que je crois bien que personne n'a eu l'idée de supposer que, peut-être, ça se pourrait bien que ce patraquage (du verbe patraquer: devenir patraque) spermatique soit aussi (parce que les causes peuvent être multiples) lié au fait que les femmes n'ont pas assez d'amants.

Je m'exp'iq'.

Plus les femelles Mus domesticus ont de partenaires sexuels (en l'occurrence 3), plus le sperme de leurs descendants devient fort et fertile au cours des générations (en l'occurrence, 12) selon l'actuelle livraison de BMC Evolutionary Biology - et en accès libre <3 - qui livre une chouette (bien qu'elle porte sur des souris, ah ah) étude de Renée C. Firman et de Leigh W. Simmons.

Si vous suivez encore mieux que je ne le pense, vous aurez reconnu ici un cas classique de compétition spermatique, une puissance force sélective, à l'échelle de l'évolution, et mise en lumière dès Darwin-himself (tatatiiiiiiin ♪♫), dans son second chef d'œuvre, La descendance de l'homme et la sélection sexuelle. Une telle compétition spermatique, ô lecteurs lettrés à qui je n'apprends rien, se fait voir, par exemple, dans l'évolution des caractères sexuels primaires (la taille des testicules, la forme du péni') et secondaires (les bois des cerfs, les plumes du paon, etc.) des mâles de nombreuses espèces sexuées.

Mais attention ! Car si ce cas est classique, cette étude est la première à montrer que la compétition spermatique et la polyandrie améliorent substantiellement le sperme de vertébrés. D'où mon idée première : si le sperme humain s'essouffle aujourd'hui, c'est peut-être qu'il paye le prix d'une sexualité féminine bornée et contrôlée depuis des milliers de générations. Ou comment, en croyant bien faire et en satisfaisant son bon plaisir immédiat à coups de patriarcat, de harems et autres ceintures de chasteté, LE mâle ancestral s'est bel et bien tiré une magnifique balle dans le pied - enfin, dans les testicules.

Oui, comme vous dites, aïe.

23:49 Publié dans En cours | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : sperme, polyandrie, polygamie, compétition spermatique | |  Facebook

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu